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Chrétiens, nous sommes une minorité qui compte, affirme le cardinal Tauran

« Ne soyons pas complexés. On nous dit être minoritaires. Disons que nous sommes une minorité qui compte ! », a affirmé le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux,

en recevant, le 23 novembre dernier à l'Institut catholique de Paris, le titre de docteur Honoris Causa (cf. Zenit du 25 novembre).

Dans un long discours prononcé sur le thème : « Croyants en dialogue : utopie ou ressource ? », le prélat français a évoqué « deux grands obstacles » au rayonnement des croyants : « la crise de l'intelligence et la difficulté de la transmission des valeurs ». « Quand le christianisme va-t-il commencer à exister ? », s'est-il demandé.

Devant quelque 300 personnes, le cardinal s'est tout d'abord arrêté sur la recomposition actuelle « du paysage religieux sur un mode plus individualiste », alors même que la Révolution française avait organisé une « société sans Dieu ». « L'homme, placé au centre du monde, se suffisant à lui-même, capable de prouesses scientifiques indéniables, n'avait pas besoin de la religion pour vivre et survivre ».

« Nous avons expérimenté ce qu'est le monde sans Dieu : l'enfer », a-t-il ajouté en évoquant les « deux totalitarismes » du siècle dernier. « Ils avaient annoncé la mort de Dieu, organisé la persécution des croyants et exclu définitivement la religion de l'espace public ».

Mais « l'athéisme enseigné et pratiqué n'a jamais réussi à supprimer Dieu de l'horizon de l'homme », a ajouté le cardinal Tauran.

Aujourd'hui, « la quête de Dieu surgit plus forte que jamais, le sacré interroge, la présence d'un islam européen qui s'affirme, le succès des sectes, l'attrait exercé par les sagesses venues de l'Asie, le long pontificat de Jean-Paul II qui a redonné à l'Église sa visibilité et l'enseignement du pape Benoît XVI qui lui donne son intériorité ont contribué à nous faire souvenir que l'homme est avant toute chose la créature qui s'interroge sur ‘le sens du sens' (Paul Ricoeur) ».

« Le désir de croire est si grand chez l'homme – a-t-il expliqué – qu'après avoir expulsé Dieu de sa vie, une autre foi va s'installer : la foi en un autre absolu qui n'est autre que l'homme lui-même : Homo homini deus pour le dire comme Feuerbach. Hier Dieu était absent ; aujourd'hui, il y a trop de dieux ! ».

Quand le christianisme va-t-il commencer à exister ?

« Puisque nous sommes à Paris, en Europe, je dirai que les religions ont une mission de dialogue et d'unité qui contribue à la construction de l'Europe d'aujourd'hui et de demain », a poursuivi le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Et d'évoquer « deux grands obstacles » qui « conditionnent le rayonnement des croyants : la crise de l'intelligence et la difficulté de la transmission des valeurs ».

« La crise de l'intelligence : nous sommes des hommes et des femmes super-informés, mais nous avons de grandes difficultés à penser, à mettre nos idées en place, à goûter le silence », a-t-il déploré.

La crise de la transmission des valeurs : « nous sommes assurés contre toutes les infortunes sauf la maladie et la mort ; et ce qui est important c'est de se sentir bien sans contrainte, même si pour cela je dois sacrifier mon ami, mon conjoint, mon collègue ».

« On pratique un humanisme social qui se réduit à dire : ne faisons pas le mal ; mais nous n'avons pas besoin de Dieu pour faire le bien ! C'est un monde fermé à Dieu ! L'homme est capable de véritables grandeurs ; il n'a rien à attendre de Dieu ! ».

« Si nous connaissons parfois quelque doute, quelque lassitude, souvenons-nous de ces deux dons magnifiques dont Dieu nous a gratifiés : une intelligence pour comprendre et un cœur pour aimer ».

« Ne soyons pas complexés », a insisté le cardinal français. « On nous dit être minoritaires. Disons que nous sommes une minorité qui compte ! »

« On pose souvent la question : le christianisme va-t-il mourir ? », a-t-il poursuivi. « Personnellement je me pose une autre question : quand le Christianisme va-t-il commencer à exister ? ».

Marine Soreau
zenit

عن الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان

عضو في الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة UCIP الذي تأسس عام 1927 بهدف جمع كلمة الاعلاميين لخدمة السلام والحقيقة . يضم الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان UCIP – LIBAN مجموعة من الإعلاميين الناشطين في مختلف الوسائل الإعلامية ومن الباحثين والأساتذة . تأسس عام 1997 بمبادرة من اللجنة الأسقفية لوسائل الإعلام استمرارا للمشاركة في التغطية الإعلامية لزيارة السعيد الذكر البابا القديس يوحنا بولس الثاني الى لبنان في أيار مايو من العام نفسه. "أوسيب لبنان" يعمل رسميا تحت اشراف مجلس البطاركة والأساقفة الكاثوليك في لبنان بموجب وثيقة تحمل الرقم 606 على 2000. وبموجب علم وخبر من الدولة اللبنانية رقم 122/ أد، تاريخ 12/4/2006. شعاره :" تعرفون الحق والحق يحرركم " (يوحنا 8:38 ).