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Face à al-Jazira et al-Arabiya, al-Mayadeen entend rétablir l’équilibre de l’information

Avec le lancement prochain d’al-Mayadeen, une chaîne d’informations continues qui ambitionne de concurrencer et de contrer al-Jazira et al-Arabiya, une nouvelle guerre médiatique s’annonce sur fond de crise syrienne.

« La réalité telle quelle est. » Tel est le grand défi que la nouvelle chaîne satellitaire al-Mayadeen entend relever dans un contexte arabe des plus tumultueux. C’est d’ailleurs ce slogan qui a été adopté dans le cadre d’une vaste campagne publicitaire panarabe annonçant le lancement, lundi prochain, de cette nouvelle chaîne.
Al-Mayadeen, qui diffusera à partir de Beyrouth, vient ainsi s’ajouter à la pléthore de chaînes qui se bousculent sur l’espace satellitaire du monde arabe, près de 700, répercutant souvent les divisions profondes et les clivages issus notamment des révolutions qui agitent la scène politique régionale.
Cette nouvelle chaîne réussira-t-elle là où celles qui l’ont précédée – notamment al-Jazira et al-Arabiya – « ont échoué », comme l’affirment les responsables de la chaîne dont plusieurs ont à leur crédit une longue expérience au sein de la chaîne qatarie ?
C’est de cette expérience commune dont ils sont sortis « dépités » que deux grandes figures du journalisme télévisé – Ghassan Ben Jeddo et Sami Kleib – ont décidé de se retrouver pour mettre en commun leur savoir-faire et monter ce projet médiatique ambitieux. Le premier est le président du conseil d’administration de la chaîne, le second, son directeur de l’information.
Forts d’un parcours journalistique des plus enviables – Ghassan Ben Jeddo a été des années durant le journaliste star d’al-Jazira, et Sami Kleib a parcouru pendant 25 ans les salles de rédaction de plusieurs grands médias français avant d’atterrir à la chaîne qatarie – les deux acteurs-clés d’al-Mayadeen partagent un sentiment commun : leur déception face à une expérience qui a très mal tourné, « à cause du parti pris » dont a fait preuve al-Jazira depuis le déclenchement de la révolution syrienne, dénoncent-ils en chœur.
« Le monde arabe traverse actuellement une situation délicate et les médias font face à un problème sérieux de crédibilité », affirme Sami Kleib en racontant comment certains événements en Syrie, dont il avait personnellement témoignés, « ont été déformés par la chaîne ». Selon lui, le danger qui réside derrière « cette politisation des médias arabes » est autrement sérieux. « Nous sommes aujourd’hui en présence de médias assassins, qui alimentent la guerre » et « se nourrissent de haine ». « C’est le cas non seulement en Syrie, mais également en Égypte, au Yémen », dit-il.

 Le dialogue à la place de la provocation
C’est une des raisons pour lesquelles les concepteurs d’al-Mayadeen ont inauguré des programmes qui « incitent au dialogue et à l’échange » dans le but de susciter une « réflexion en profondeur sur les sujets traités, en s’éloignant du style provocateur et du langage qui invite à la discorde ».
Sami Kleib – dont la femme a également démissionné d’al-Jazira – et l’équipe qui l’accompagne dans ce nouveau périple journalistique entendent ainsi rectifier le tir en matière « d’équilibre dans l’information et d’objectivité », un mot d’ordre bien reçu par l’équipe. En somme, il s’agit de « redonner de la valeur au métier de journaliste », assure le directeur de l’information qui explique qu’al-Mayadeen sera une plate-forme pour toutes les parties politiques concernées sans distinction aucune. La crise syrienne sera ainsi traitée dans ses deux composantes principales, promet-il, de manière à accorder à l’opposition autant de temps d’antenne qu’aux loyalistes.
Un défi de taille, difficilement réalisable si l’on en croit les multiples rumeurs qui circulent sur la chaîne, selon lesquelles le projet serait financé à concurrence de 25 millions de dollars par Rami Makhlouf, le millionnaire syrien et cousin du président Bachar el-Assad, auxquels viendraient s’ajouter 5 autres millions en provenance de capitaux iraniens. Une thèse que M. Kleib réfute d’emblée, précisant que « ce sont des hommes d’affaires arabes indépendants, dont des Syriens, qui sont à l’origine du financement ». « Je n’ai pas fait toute cette carrière pour me voir un jour à la solde d’un parti ou d’un État », s’offusque le journaliste.
Sollicité à son tour en tant que président du conseil d’administration de la chaîne et l’un des propriétaires, Ghassan Ben Jeddo élude la question en affirmant ironiquement que « si l’on est dans le camp antisyrien, on nous dira que les capitaux sont iraniens et syriens et si on relève de l’opposition, les fonds seront alors qataris et saoudiens ».

La problématique syrienne
Maniant des équipements flambant neuf et « à la pointe de la technologie – les modèles les plus récents que l’on trouve sur le marché », témoigne Hajj Ahmad – les techniciens s’affairent autour des journalistes qui préparent les bulletins d’informations à tour de rôle. Le ton professionnel y est et l’esprit d’équipe est à l’œuvre.
Sur un immense écran HD, apparaît alors l’une des journalistes phares de la nouvelle chaîne. Lana Medawar, ancienne journaliste à Sawt el-Mada, puis à TV Press, présente le flash info de midi. La formation d’un nouveau gouvernement en Syrie figure en tête du journal, suivi des accrochages à Ersal, du sommet de Pékin, et enfin du CPI qui resserre l’étau sur le Soudanais Omar el-Béchir. « L’information principale sur la Syrie s’est imposée d’elle-même », se hâte de préciser Imad Khayyat, rédacteur en chef, qui a également exercé le métier plusieurs années durant à Paris.
Dans la salle de rédaction où l’on redouble d’efforts en vue du jour J, les espoirs sont grands et les promesses d’exercer un journalisme qui réponde aux standards professionnels les plus élevés multiples. Le slogan de « la réalité telle qu’elle est » revient sur toutes les lèvres. Les journalistes, en majorité des femmes et souvent très jeunes, parfois sans aucune expérience de télévision, se disent prêtes au défi même si certaines d’entre elles restent réalistes et conscientes de la difficulté du contexte et de la matière qu’elles auront à traiter.
La trentaine, une jeune reporter reconnaît que le dossier de la révolution syrienne ne sera pas plus facile à couvrir ici qu’ailleurs. Alors que la chaîne fait des éditions zéro de journaux depuis plus de 6 mois, la journaliste a pu constater que les papiers faits sur la Syrie faisaient souvent l’objet de quelques « amendements qui correspondent à la ligne politique de la chaîne ». « Cela me gêne », dit-elle avant d’ajouter : « Même dans les briefings il y a certains sujets que l’on ne peut pas aborder. »
Elle aussi a entendu les rumeurs qui circulent sur le financement. Pourtant elle n’abdique pas et affirme rester confiante de pouvoir offrir un journalisme de qualité qu’elle ne retrouve plus dans aucune chaîne arabe.

 
L'orient le jour

عن الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان

عضو في الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة UCIP الذي تأسس عام 1927 بهدف جمع كلمة الاعلاميين لخدمة السلام والحقيقة . يضم الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان UCIP – LIBAN مجموعة من الإعلاميين الناشطين في مختلف الوسائل الإعلامية ومن الباحثين والأساتذة . تأسس عام 1997 بمبادرة من اللجنة الأسقفية لوسائل الإعلام استمرارا للمشاركة في التغطية الإعلامية لزيارة السعيد الذكر البابا القديس يوحنا بولس الثاني الى لبنان في أيار مايو من العام نفسه. "أوسيب لبنان" يعمل رسميا تحت اشراف مجلس البطاركة والأساقفة الكاثوليك في لبنان بموجب وثيقة تحمل الرقم 606 على 2000. وبموجب علم وخبر من الدولة اللبنانية رقم 122/ أد، تاريخ 12/4/2006. شعاره :" تعرفون الحق والحق يحرركم " (يوحنا 8:38 ).