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Abbaye de Sénanque : un joyau du patrimoine en péril
L'abbaye de Sénanque.

Abbaye de Sénanque : un joyau du patrimoine en péril

Joyau de la Provence et de l’art roman, l’abbaye cistercienne Notre Dame de Sénanque a été fondée au XIIe siècle. Son église abbatiale menace aujourd’hui de s’effondrer et a été fermée dans l’urgence. Elle demande des travaux urgents pour la sauver.

Colombe de Barmon- Cité du Vatican

C’est au milieu des champs de lavande, sous le soleil de Provence, que s’élève, presque millénaire et au style roman exceptionnel, l’abbaye Notre-Dame de Sénanque. Elle abrite encore, dans ses vieux murs, une poignée de moines cisterciens. Un paysage de carte postale qui pourrait changer bientôt d’allure, puisque les vieux murs fatiguent sous le poids des années. Fondée en 1148 par l’ordre cistercien alors très puissant, l’abbaye a pourtant jusque-là traversé les âges et les difficultés. Elle a connu son âge d’or au XIIIème et XIVème siècles puis le déclin au XVème siècle, survivant durant une sombre période jalonnée d’épidémies et de violences.

Désertée à partir de 1781, elle fut vendue comme bien national en 1792 sous la Révolution. Mais en 1854, elle renaît de ces cendres. La communauté entame une restauration et compte alors 72 moines dont une grande figure pour la région: Jean Léonard, un homme cultivé et pieux dont le procès de béatification est en cours. Mais les lois anticléricales de la IIIe République obligent les moines à quitter Sénanque en 1880, chassés par les gendarmes. Les moines reviendront entre 1926 et 1969 avant de se réinstaller définitivement en 1988. Entretemps, Sénanque sera classée aux Monuments Historiques en 1921.

Aujourd’hui, la petite communauté de moines qui y vit obéit à la règle de saint Benoît. La culture du lavandin, l’oliveraie, le rucher,  les visites de l’abbaye, l’hôtellerie et la boutique monastique permettent de subvenir aux besoins de la communauté, mais surtout de faire face aux lourdes charges d’entretien de l’abbaye. Toutefois, un nouveau défi de restauration colossal se présente aujourd’hui à la communauté dont elle ne peut supporter les frais seule. La voûte de la nef de l’abbatiale, certains murs et la façade présentent en effet des désordres inquiétants. À la limite de la stabilité, l’abbatiale a du être fermée au public en urgence. Pour supporter les frais de consolidation et mettre l’édifice hors de danger, la communauté a lancé un grand appel aux dons.

Pierre-Yves Rinquin, l’intendant de l’abbaye de Sénanque, ne cache pas son inquiétude. Il explique que le basculement de l’édifice nécessite des travaux. «En 1977, avec une erreur un peu humaine et dans une vision où on voulait revenir à quelque chose de très puriste au niveau architectural , on a détruit la chapelle des dames qui contrebutait le collatéral. On a donc depuis quarante ans, une chance inouïe et la grâce a veillé,  puisque le bâtiment est resté debout malgré l’absence de butée. Mais aujourd’hui, cela a occasionné beaucoup de désordres puisque l’édifice a complétement basculé. Si l’on ne fait rien, on a une seule certitude, c’est que ça va s’écrouler. La seule incertitude c’est qu’on ne sait pas quand, combien de temps ça va prendre. Est-ce que ça va prendre deux jours, trois jours, un an, deux ans ?» En effet, la situation est inquiétante: les désordres touchent la nef mais aussi la façade.

Mais la campagne de financement n’est pas sans difficultés : «Aujourd’hui, si l’on doit être honnête, c’est notre appel aux dons auprès du particulier qui a fait que nous sommes arrivés à 40% des sommes à récolter pour entamer les travaux. Les collectivités à ce jour, nous ont répondu qu’elles nous accompagneraient. Nous n’avons pour l’instant ni les sommes ni de dates. On se bat, on relance pour avancer.»

Un appel pressant

Le temps est compté et cela, pour deux raisons, explique Pierre-Yves Rinquin: «parce que l’édifice souffre – et effectivement on est en risque majeur de s’écrouler- et parce que tous les mois l’échafaudage que l’on a mis pour contrebuter le mur nous coute 7 000 euros de location. Nous ne pouvons pas l’enlever, on sait que l’édifice s’est reposé dessus donc ça ferait un effet de soufflet et tout s’écroulerait. Nous ne pouvons pas nous passer de cet échafaudage jusqu’à ce que nous ayons réalisé des contreforts, pour nous, cela demande une somme astronomique.»

Sénanque, haut lieu de spiritualité

Si l’abbaye de Sénanque est un haut lieu du tourisme vauclusien, c’est aussi un lieu où le fidèle catholique peut venir se ressourcer. «Sénanque, avant d’être un lieu touristique – même si l’abbaye est le second lieu le plus visité dans le Vaucluse après le Palais des Papes- , avant d’être ce site magnifique où les touristes viennent admirer une abbaye quasiment millénaire dans des champs de lavande, c’est avant tout un site avec une vie monastique, explique son intendant.Dans les trois sœurs provinciales que constituent Sénanque, Silvacane et le Thoronet, seule Sénanque a la grâce d’avoir encore une communauté monastique vivante. Effectivement, Sénanque accueille 4 000 personnes sur le site à l’année mais à côté, il y a une vie monastique réelle, c’est-à-dire que les bâtiments qui sont visités la journée, le soir vont servir pour les frères, l’église abbatiale va accueillir tous les offices de la journée. Donc effectivement à Sénanque vous allez pouvoir trouver des champs magnifiques, de, carte postale,  mais à côté de cela vous allez pouvoir entrer dans l’église abbatiale, quand elle est ouverte, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, ou dans la chapelle des moines et vous allez pouvoir entendre les offices. Vous allez pouvoir être accueilli par le frère hôtelier. Vous allez également pouvoir faire une retraite ou simplement être entendu par un moine ou un prêtre quoi va vous accompagner ou simplement avoir un temps d’écoute pour vous. Au-delà du site touristique il y a une vraie vie monastique qui perdure à Sénanque» , précise Pierre-Yves Rinquin.

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