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Abus sexuels: l’Église chilienne demande pardon
Le Saint-Père en compagnie des évêques chiliens convoqués le 17 mai 2018 au Vatican. (Vatican Media)

Abus sexuels: l’Église chilienne demande pardon

Au terme de leur assemblée plénière extraordinaire de cinq jours, les 32 évêques du Chili s’excusent «d’avoir manqué à leurs devoirs» dans la gestion des abus sexuels présumés au sein du clergé. «Il y aura un avant et un après ces 5 jours de réflexion», affirment-ils dans un document dense post-assemblée plénière.

Marine Henriot – Cité du Vatican

«Cette assemblée plénière extraordinaire est un point d’inflexion», assure Mgr Fernando Ramos, secrétaire de la conférence épiscopale et administrateur apostolique du diocèse de Rancagua.

«Nous avons manqué à nos devoirs»

Dans une déclaration commune, les évêques ont demandé pardon aux victimes et aux survivants: «Nous avons manqué à nos devoirs de pasteurs, nous n’avons pas écouté, cru, reçu ou accompagné les victimes des graves péchés et des injustices commises par les prêtres et par les membres de l’Église», écrivent-ils, assurant un «repentir sincère». 

«Nos erreurs ou omissions ont causé douleur et perplexités; elles ont frappé la communion ecclésiale, empêché la conversion et miné l’espoir», poursuivent les 32 évêques dans leur document final issu de l’assemblée.

Ils promettent de rencontrer personnellement les victimes mais aussi de faire une autocritique «pour que ces faits ne se reproduisent plus jamais». Outre ces paroles, plusieurs mesures ont été annoncées.

Une collaboration entre l’Église et la parquet

Désormais, l’Église collaborera avec le parquet, et les évêques se sont engagés à divulguer publiquement les enquêtes pour abus sexuels présumés sur mineurs.

Par ailleurs, le Conseil national pour la prévention des abus et de l’accompagnement des victimes aura de nouveaux pouvoirs et suivra le bon déroulement des procédures dans les diocèses chiliens. Pour la première fois, une femme a été nommée à sa tête, l’avocate Ana Maria Celis Brunet, alors que ce poste était auparavant occupé par un évêque. Par ailleurs, une autre femme, Pilar Ramirez Rodriguez, a été nommée directrice exécutive du Département pour la prévention des abus et pour la mise en œuvre des décisions du Conseil national. La présence de laïcs dans les organismes décisionnels de l’Église, et notamment de femmes, comme l’exige le Pape François, fait partie des engagements concrets exprimés dans cette déclaration des évêques.

266 victimes recensées

Ces mesures visent à mettre fin à la tempête sans précédent que vit l’Église chilienne: 158 personnes, évêques, prêtres ou laïcs visés par une enquête d’abus sexuels sur mineurs et adultes depuis les années 1960. Au total, le parquet général a recensé 266 victimes, dont 178 mineures.

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