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Arco Quartet en concert à l’Université Antonine
Arco Quartet en concert à l’Université Antonine

Arco Quartet en concert à l’Université Antonine

Hier soir, en la chapelle Notre-Dame des Semences de l’Université Antonine, les mélomanes sont venus assister aux prestations de quatre musiciens chevronnés, unis par leur passion des instruments à cordes. Formé du Français Guillaume Pasch et de l’Autrichienne Helena Schȍener, au violon, du Libanais Ribal Molaeb à l’alto et du Biélorusse Konstantin Zelenin au violoncelle, Arco Quartet le prestigieux quatuor de la « University of Music and Performing Arts » de Vienne a livré spontanément à son public un moment musical exceptionnel. Finesse et précision étaient au rendez-vous pour servir trois grands maîtres de la musique classique : Haydn, Chostakovitch et Tchaikovsky avec au menu, un programme de qualité, très dense. D’abord, le Quatuor en mi bémol majeur Op.33 n°2 (1781) de Joseph Haydn, surnommé « La Plaisanterie », joué en ouverture du concert, revit avec maestria tout en raffinementet délicatesse, dévoilant au passage une maîtrise technique tout simplement renversante, tant sur le plan de la technique individuelle de chaque membre que du jeu d’ensemble.

En effet, la communion spirituelle entre les musiciens est tangible. Sur scène, l’Ensemble démontre une sûre verticalité, qui révèle particulièrement toute son ampleur dans l’exécution remarquable du quatuor nº7 en fa dièse mineur de Chostakovitch. Composé entre février et mars 1960, suite à son divorce d’avec sa seconde femme Margarita Kainowa, époque où il découvre aussi sa maladie incurable, cette partition permet à l’auditoire de mesurer la profondeur intellectuelle et la singularité incontestable de l’artiste russe, devenu assurément l’un des compositeurs incontournables de la grande musique instrumentale. La compréhension des artistes de cette musique véritablement crépusculaire, oscillant entre colère et résignation, n’est pas moins exceptionnelle. En effet, chacune des œuvres prévues reçoit une interprétation irréprochable, où la compréhension de la musique et de sa profondeur semble évidente et d’où toute idée de superficialité est exclue en faveur d’une approche intelligentte en mesure de couvrir toute la gamme des sentiments qu’offrent ces belles œuvres.

Dans la dernière partie du concert, consacrée à Tchaikovsky, avec le quatuor nº1 en ré majeur que l’artiste a composé en février 1871 et dont le second mouvement (Andante Cantabile) est basé sur une mélodie populaire, devenue dès lors, fort célèbre, Arco Quartet s’est abandonné, à bon escient, aux plaisirs de l’époque romantique russe, divulguant avec brio sa vitalité généreuse et sa profonde sincérité. La fabuleuse prestation des musiciens emporta à juste titre l’adhésion de l’assistance qui, leur réserva une standing ovation absolument méritée. Suprême générosité, Arco Quartet offre en bis, un petit caprice viennois, la « Pizzicato Polka » de Johann Strauss.

A noter que la Saison de Musique de Chambre de l’UA sera clôturée cette année le Mercredi 17 juin par un dernier concert qui sera dédié à « L’Art de l’improvisation » ou taqsīm.

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