langue
Accueil | Eglises | Des maires de villes européennes se réunissent pour soutenir les migrants
Des maires de villes européennes se réunissent pour soutenir les migrants
Des interlocuteurs divers «Partager son expérience avec empathie», «ne pas s’effrayer, ne pas perdre la paix», garder «la main tendue et ouverte»… voilà quelques-uns des conseils donnés par le Pape François lors de la rencontre. Six personnes lui ont posé des questions : des profils variés, célibataires ou mariés, entre 20 et 85 ans. Ils venaient d’Italie, de Colombie, de Malte, ou des États-Unis, comme le cinéaste Martin Scorsese. À chacun, le Pape François a répondu longuement, n’hésitant pas à rapporter de nombreuses anecdotes, faisant référence à des voyages ou à des rencontres. Comme cette «dame qui venait à la maison aider maman à laver : elle était sicilienne, migrante, elle avait deux enfants ; elle avait fait la guerre, la seconde guerre, et ensuite elle était partie avec ses enfants. Et elle racontait des histoires de guerres, et j’ai tellement appris de la douleur de ces gens, ce que signifie quitter son pays, à tel point que j’ai accompagné cette femme jusqu’à sa mort, à 90 ans». D’autres grands thèmes chers au Pape François ont été abordés. Défis spécifiques, défis communs Il a par exemple été question de transmission de la foi… Le Pape a tenté de rassurer les parents et les grands-parents qui peinent à transmettre la foi : «je vous conseille beaucoup d’amour, beaucoup de tendresse, de compréhension, de témoignage, de patience. Et de prière». Devant les jeunes, le Saint-Père a dénoncé la «culture du maquillage» et de la compétition. Plusieurs mots devraient au contraire les guider : «s’ouvrir», «servir», «se risquer»… «il y a plus d’amour à donner qu’à recevoir», a-t-il rappelé. «Les jeunes plus matures – matures dans le sens du développement, sûrs d’eux-mêmes, souriants, avec le sens de l’humour – sont ceux qui avancent progressivement, en chemin, avec le service», a fait remarquer le Pape. Pour l’intégration des migrants D’autres paroles fortes du Pape François concernaient l’accueil des migrants et le populisme. Le Saint-Père a condamné «le manque d’humanité, l’agression, la haine entre les cultures, entre les tribus, et aussi une déformation de la religion pour pouvoir mieux détester». Il a dit l’importance pour les jeunes de savoir comment «commencent les populismes» pour ne pas «tomber dans la même erreur». «On ne peut pas vivre en semant la haine », s’est indigné le Pape. «La fermeture est le début du suicide. C’est vrai que les migrants doivent être accueillis, doivent être accompagnés, mais surtout ils doivent être intégrés», a-t-il répondu à Fiorella qui l’interrogeait sur la situation actuelle. «Et pour cela, il est important que toute l’Europe se mette d’accord sur ce problème». Enfin, en réponse à Martin Scorsese, cet éloge des petites vertus qui viennent à bout de bien des conflits : «La non-violence, la douceur, la tendresse : ces vertus humaines qui semblent petites mais qui sont capables d’ignorer les conflits les plus difficiles».

Des maires de villes européennes se réunissent pour soutenir les migrants

La Salle de Presse du Saint-Siège a fait savoir que le Pape François a rencontré vendredi soir, dans un cadre privé, les maires de Madrid et de Barcelone avec le fondateur de l’ONG Open Arms. Aujourd’hui à Rome s’est tenue une rencontre avec les maires de certaines villes italiennes et espagnoles afin de dépasser la logique du blocage des ports.

L’accueil des migrants a été au centre de la rencontre informelle organisée vendredi soir entre le Pape François, la maire de Madrid Manuela Carmena, la maire de Barcelone Ada Colau, et le fondateur de l’ONG Open Arms, Oscar Camps. Le directeur par intérim de la Salle de Presse du Saint-Siège l’a expliqué, tout en précisant qu’il s’agissait d’une visite privée.

À l’approche des élections européennes, les maires de plusieurs grandes villes italiennes et espagnoles se sont rencontrés aujourd’hui à Rome pour exprimer leur soutien aux ONG impliquées dans le secours aux migrants en Méditerranée et pour signer un pacte visant à «sauver l’Europe d’elle-même», dans un contexte de désagrégation de ses principes fondateurs. Parmi les signataires figurent les maires de Barcelone, Madrid, Saragosse, Valence, Naples, Palerme, Syracuse, Milan, Latina ou encore Bologne. Des représentants des ONG qui avaient mis en place le projet United4Med  (Sea Watch, Proactiva Open Arms et Mediterranea) ont également participé à la rencontre.

«Nous refusons de croire que la réponse européenne face à cette horreur soit la négation des droits humains et l’inertie face au droit à la vie», peut-on lire dans la lettre signée par les participants. «Contraindre les personnes à vivre dans un climat croissant d’inégalité sur les deux rives de la mer est une solution à court terme qui ne garantit aucun futur», avertissent-ils.

A propos de admin