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Le voyage de François en Afrique: joie, espérance et responsabilité
Le voyage de François en Afrique: joie, espérance et responsabilité

Le voyage de François en Afrique: joie, espérance et responsabilité

Le voyage du Pape au Mozambique, à Madagascar et à Maurice est maintenant terminé. De ces journées intenses et extraordinaires, nous garderons en mémoire les visages joyeux des enfants, des femmes et des hommes qui ont accompagné François sur les routes parfois boueuses et poussiéreuses de Maputo et Antananarivo, et qui ont animé, dans le vrai sens du terme, les magnifiques liturgies célébrées dans ces trois pays. La joie qu’ils ont pu exprimer, malgré les difficultés et les conditions précaires dans lesquelles beaucoup d’entre eux sont contraints de vivre, a quelque chose à nous apprendre à tous. Elle nous enseigne que pour mesurer le bien-être d’un peuple, les paramètres uniquement liés aux données économiques sont insuffisants. La foi vécue, l’amitié, les liens familiaux et avec les autres, la solidarité, la capacité de se réjouir des petites choses et la volonté de se donner, ne seront jamais considérés par les statistiques.

L’étape malgache 

Le moment le plus émouvant de tout le voyage fut sans aucun doute la rencontre avec les huit mille enfants d’Akamasoa, la cité de l’amitié, érigée sur une ancienne déchetterie et où fleurissent aujourd’hui dignement de petites maisons en briques, des écoles, des espaces de loisirs. L’association fondée il y a une trentaine d’années par le Père Pedro Opéka est l’un des nombreux trésors cachés de l’Église catholique dans le monde. Une initiative qui incarne l’espérance chrétienne. Grâce au dévouement de ce missionnaire, des milliers de familles ont retrouvé un emploi et une dignité. Des milliers d’enfants ont trouvé un toit au-dessus de leur tête, de la nourriture dans leurs assiettes et la possibilité d’aller à l’école. L’accueil bruyant et festif que les enfants d’Akamasoa ont réservé au Pape est un carburant pour l’âme.

Combien de Pères Pedro existent-ils en Afrique, en Asie, en Amérique latine, ou encore dans les périphéries les plus problématiques de l’Occident ? En contemplant les visages de ces enfants, heureux d’avoir accueilli dans leur maison ce grand-père vêtu de blanc et venu de Rome, on découvre la plus profonde essence de l’Église et de sa mission : évangéliser et promouvoir l’homme. Évangéliser en choisissant d’être proche des plus faibles et des personnes marginalisées. Évangéliser en témoignant de «la présence d’un Dieu qui a décidé de vivre et de rester toujours au milieu de son peuple», comme disait François à Akamasoa. A plusieurs reprises ces derniers jours, le Pape a exhorté les prêtres, les religieux et les religieuses à rallumer le feu de l’authentique esprit missionnaire qui ne saurait renoncer à la proximité avec ceux qui souffrent.

Un appel à la responsabilité des gouvernements

François nous a aussi invités à ne pas considérer la condition des pauvres comme une fatalité: «N’abandonnez jamais face aux effets néfastes de la pauvreté, ne cédez jamais aux tentations de la vie facile ou de vous retourner contre vous-même». Voilà l’autre fil rouge qui a lié les rendez-vous de ce voyage : un appel à la responsabilité des gouvernements, des autorités politiques et de la société civile, afin que de nouvelles voies puissent être empruntées sur le chemin du développement. Des voies innovantes capables de remettre en cause l’actuel modèle économique, capables de laisser les personnes devenir les acteurs de la construction d’un avenir plus juste, plus solidaire, plus respectueux de la dignité de la vie, des cultures et des traditions, plus respectueux de la création qui nous a été donnée afin que nous puissions la transmettre à nos enfants sans la piller. Autant de messages prononcés en Afrique, pour l’Afrique, mais dont nous sommes tous destinataires.

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