langue
Accueil | Articles | L’Orchestre philharmonique du Liban pleure May Menassa
L’Orchestre philharmonique du Liban pleure May Menassa
L’Orchestre philharmonique du Liban pleure May Menassa

L’Orchestre philharmonique du Liban pleure May Menassa

MUSIQUE

L’Orchestre philharmonique du Liban racontera,  en l’église Saint-Joseph de l’USJ, l’histoire de grands deuils à travers les compositions de Samuel Barber et Dimitri Chostakovitch, sous les auspices du célèbre chef d’orchestre espagnol Jordi Mora. Au programme : l’Adagio pour cordes de Barber et la Huitième Symphonie de Chostakovitch.

Ce concert, qui touchera les cœurs de par ses mélodies élégiaques, s’est choisi lui-même une dédicataire : May Menassa. Le comité des amis de l’Orchestre philharmonique du Liban a en effet voulu rendre un hommage à cette journaliste-artiste chevronnée disparue samedi dernier et dont le nom a été pendant des décennies synonyme d’envolées lyriques et de virtuosité. « May a toujours été parmi nous à encourager ce comité et à honorer cet orchestre, elle ne ratait aucun concert. C’est un grand merci que nous lui adressons demain », signale Michèle Nahas, la vice-présidente du comité. Composé à l’origine, en 1936, comme deuxième mouvement du quatuor op.11, l’Adagio pour cordes a été orchestré, deux ans plus tard, pour prendre sa forme finale qui a connu depuis une notoriété jamais démentie. Il est devenu non seulement l’œuvre la plus populaire de Samuel Barber, mais aussi l’hymne américain officiel du deuil, joué après la mort des présidents Roosevelt et Kennedy. Thème principal langoureux ascendant, ligne mélodique répétée à diverses voix, tension harmonique intense et puis un silence aboutissant petit à petit à une fin sereine avec le point d’orgue final.

Jordi Mora précise, dans un entretien avec L’Orient-Le Jour, que « l’adagio dramatique de Barber crée, à la fin, une atmosphère d’une grande paix intérieure, ce qui constitue une très bonne préparation pour enchaîner avec l’une des symphonies les plus monumentales jamais composées qui effleure les limites de la tragédie humaine avant d’aboutir à la lumière recherchée ». Ayant dirigé l’OPL à plusieurs reprises, le maestro espagnol s’est fixé, depuis quelques années, le but d’interpréter le cycle des symphonies de Chostakovitch : « Nous avons choisi un ordre croissant de difficulté en exécutant tout d’abord la cinquième symphonie, puis la dixième, et puis la sixième. L’interprétation de la huitième symphonie constitue le point culminant de ce chemin vers le meilleur de cet orchestre. »

Fier du progrès que l’OPL a acquis ces dernières années, Jordi Mora adresse toutefois un conseil à ce vivier musical : « Continuez à progresser en sachant choisir les chefs d’orchestre qui vous aident à aller toujours de l’avant sans tomber dans la routine. C’est le chef d’orchestre qui devrait être au service de l’orchestre, et jamais l’inverse. » Et d’ajouter : « L’OPL devrait jouer plus régulièrement les œuvres de compositeurs libanais en sachant choisir les œuvres de qualité. » Il exprime finalement sa reconnaissance envers le Liban pour « sa merveilleuse hospitalité et humanité » et conclut : « Je remercie la vie de m’avoir accordé cette possibilité de côtoyer ce pays fascinant. » Soyez donc au rendez-vous… et n’oubliez pas vos mouchoirs.

L’Orient Le Jour

A propos de admin