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Méditation dominicale : « Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère ? »
Marie Madeleine lavant les pieds de Jésus Christ (©Tony Baggett - stock.adobe.com)

Méditation dominicale : « Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère ? »

Le Père jésuite Rigobert Kyungu nous introduit à la méditation avec les lectures du huitième dimanche du temps ordinaire année C.

Frères et sœurs,

Les lectures de ce dimanche nous invitent à surveiller notre œil, notre bouche et notre cœur, afin qu’ils ne nous rendent pas un mauvais service dans nos relations fraternelles avec les autres.

Dans l’évangile, Jésus nous pose une question fondamentale : qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? L’image qu’il utilise est bien forte. Elle montre que nous aimons souvent entrer dans les détails de la vie des autres, pour y retrouver la moindre erreur, afin de la grossir. Ainsi nous oublions de voir nos propres défauts et nos péchés et refusons de nous examiner nous-mêmes. Un tel refus nous rend aveugles. Et être aveugle c’est demeurer dans le péché (Jn 9, 39-41). Et le péché conduit à la mort, comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture. Il y a donc un appel à avoir un regard positif envers les autres, qui ne les juge pas, mais qui est plein de compassion et de miséricorde, comme celui de Jésus. Il y a davantage un appel à nous regarder nous-mêmes pour reconnaître nos péchés et chercher à améliorer notre propre conduite.

L’auteur du livre de Ben Sirac le Sage dit, dans la première lecture, que c’est par ses propos qu’on voit les petits côtés de l’homme car c’est la parole qui fait connaître ses sentiments. Et dans l’évangile, Jésus affirme que ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. Il dit aussi que nous sommes faux lorsque nous cherchons à donner des leçons à d’autres en prétendant enlever la paille de leur œil. Dans ce même chapitre 6 de l’évangile de Luc, Jésus nous invitait à ne pas juger, mais plutôt à bénir, même les ennemis et ceux qui nous offensent (versets 27-28). Ailleurs, saint Jacques nous invite à faire attention à l’usage de la langue (Jc 3, 6-10) et même à nous abstenir d’enseigner, à cause de nos péchés (Jc 3, 1-2). Il y a donc un appel à soigner l’usage de la bouche, et à prêcher plus par l’exemple que par des paroles.

Par delà l’œil et la bouche, c’est finalement le cœur lui-même qu’il faut purifier. Car lorsque le cœur est bon, il rend aussi l’homme bon et lui permet de porter de bons fruits. Mais, abandonné à lui-même, le cœur peut devenir mauvais et ne produire que de mauvais fruits. Et notre cœur ne peut produire de bons fruits que lorsqu’il est uni à Jésus. En effet, Jésus dit dans l’évangile de Jean qu’en dehors de lui nous ne pouvons rien faire, tout comme le sarment ne peut porter du fruit lorsqu’il est séparé de la vigne. Ainsi, il nous invite lui-même à demeurer dans son amour afin de porter beaucoup de fruits (Jn 15, 4). Il s’agit ici du fruit que suscite en nous l’Esprit, notamment l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur et la maîtrise de soi (Ga 5, 22). Oeuvrons donc à rester unis à Jésus afin que son Esprit nous aide à témoigner de notre foi par les bons fruits qu’il nous aidera à produire.

Dans la deuxième lecture, saint Paul nous invite à rendre grâce à Dieu, parce qu’en Jésus mort et ressuscité, Il nous donne la victoire sur le péché et sur la mort. Si donc nous demeurons en lui, il nous aidera à « être fermes et inébranlables, pour prendre une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur car la peine que nous nous donnons ne sera jamais stérile ». Qu’il en soit ainsi, amen !

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