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Japon : Le président de Cor Unum loue le travail admirable de la Caritas

Le cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical « Cor Unum », vient de rentrer d’un voyage au Japon, où il a visité les endroits les plus touchés par le tremblement de terre du 11 mars dernier, et porté aux victimes la consolation

et l’affection du pape. Officiellement, on parlait au mois d’avril de 13.802 morts, de 14.129 disparus et de 4.928 blessés. Des chiffres qui pèsent toujours, deux mois après le séisme et le raz-de-marée qui a suivi, dévastant des zones entières du pays et endommageant une centrale nucléaire.

Le nonce apostolique, Mgr Bottari de Castello, le président de la Conférence épiscopale du Japon, Mgr Ikenaga, et les évêques des diocèses touchés, ainsi que les représentants de la Caritas Japon et le sous-secrétaire de « Cor Unum », Mgr Segundo Tejado, ont également participé à cette visite. Tous ont pris part à l’émouvante offrande florale à Shichigahama, un des endroits les plus touchés par le tsunami. Nous publions ci-dessous un entretien avec le cardinal Sarah qui fait part de ses impressions et présente une première évaluation des effets des aides.

Qu’avez-vous vu au Japon ?

Une situation de dévastation matérielle sans précédent accompagnée de la volonté de reprendre le dessus, de la solidarité et de la recherche d’une réponse à cette catastrophe que nous, chrétiens, savons qu'elle se trouve dans la Croix de Notre Seigneur Jésus.

Quelle a été la raison de votre visite ?

Apporter aux personnes les plus touchées, chrétiens ou non, la chaleur de la prière et de la consolation du pape, et étudier sur place ce que l'on peut faire de plus pour soulager les situations d'urgence.

Quels sont les projets de solidarité qui ont été développés ces dernières semaines ?

Le tremblement de terre et le tsunami qui a suivi ont généré mort, douleur et destruction mais ils ont aussi provoqué un autre tsunami de solidarité parmi les fidèles, par le biais des Caritas diocésaines du monde entier. Caritas Internationalis a réalisé un travail formidable de coordination de toutes ces ressources. Cela a permis à la Caritas Japon de pouvoir offrir ces dernières semaines de la nourriture, des couvertures et des biens de première nécessité à plus de 10 000 personnes.

Qu'est-ce qui vous a le plus impressionné lors de votre visite ?

C'est difficile à dire. L'ensemble du voyage a été une expérience marquante. A Sendaï, par exemple, depuis la fenêtre de la voiture, nous pouvions voir une immense plaine (jadis une zone de culture) jonchée d'objets les plus variés, déplacés sur plusieurs kilomètres par l'eau: des motos détruites, des meubles cassés, des morceaux de colonnes d'édifices, un frigo, un bateau au milieu d'une rizière, des maisons en ruines…

La reconstruction sera lente ?

Oui. Ce ne sera pas facile. Dans la région proche de la centrale nucléaire de Fukujima, près de 800 pêcheurs ont perdu leur travail car l'eau a emporté leurs bateaux et parce que, même s'ils reçoivent des aides de l'Etat pour en acheter d'autres, les radiations interdisent la pêche pour un an. Ce n'est pas facile pour une région qui vit de la pêche. C'est la même chose pour les paysans de cette zone : ils ne pourront pas cultiver la terre pendant les 12 prochains mois. Paul, un pêcheur catholique de Saitama, nous a amené voir le lieu où se trouvait sa maison et où il amarrait son bateau : il n'y a plus rien.

Comment les gens ont-ils réagi ?

Avec un aplomb et une dignité admirables, malgré la douleur. Nous avons visité une paroisse très touchée dans le diocèse de Saitama, dont le toit et les images sacrées ont été détruites par le séisme. Nous avons eu une rencontre très émouvante avec les fidèles, qui assistent désormais à la messe en plein air, avec une foi extraordinaire. A Sendaï, après la célébration de l'Eucharistie, nous avons eu une autre rencontre touchante avec les gens qui ont perdu tous leurs biens, et je leur ai remis un chapelet du pape.

Le travail de la Caritas a-t il raison d'être dans une société où les chrétiens représentent moins d'un pour cent de la population ?

Sans aucun doute. En chaque femme qui a perdu ses êtres chers sous cette vague, en chaque homme qui a vu tomber sa maison, en chaque malade, nous continuerons de voir le Christ. C'est le Christ qui nous encourageait à le voir en chaque personne affamée, en chaque personne qui souffre. Pas seulement en quelques-uns d'entre eux, mais en tous, car tous sont fils de Dieu, même s'ils ne le savent pas.

Ne se cache-t il pas une sorte de prosélytisme derrière cette attitude ?

Le pape a expliqué dans son encyclique Deus Caritas est que« L’amour est gratuit. Il n’est pas utilisé pour parvenir à d’autres fins. Cela ne signifie pas toutefois que l’action caritative doive laisser de côté, pour ainsi dire, Dieu et le Christ. C’est toujours l’homme tout entier qui est en jeu. Souvent, c’est précisément l’absence de Dieu qui est la racine la plus profonde de la souffrance» (n. 31). Ainsi, la pratique de la charité n'a pas pour finalité immédiate la conversion des non-chrétiens, mais dans le même temps, les chrétiens ne doivent pas cacher leur foi, ni les valeurs profondes qui nourrissent leur charité. Chaque homme est libre de pratiquer ou non une religion donnée et d'en exposer les raisons ; les chrétiens aussi.

Dans certains contextes sécularisés ou hostiles au christianisme, cela ne faciliterait-il pas le dialogue de séparer la pratique de la charité de la foi chrétienne ?

Si je console une personne âgée bouddhiste dans un hôpital, ou si j'offre des soins médicaux à une musulmane pendant une guerre, il est logique qu'ils se demandent pourquoi je suis là. Faire le bien avec espérance diffuse les valeurs sur lesquelles se fonde cette action généreuse. En même temps, le volontaire sera surpris par la force humaine et les vertus de ces personnes, et cela l'aidera à apprécier ses croyances religieuses. Aider son prochain est un bien profondément humain qui transcende la diversité religieuse et aide au dialogue.

Cela sera-t il l'un des thèmes de débat de l'assemblée de Caritas Internationalis qui aura lieu dans quelques jours à Rome ?

Il semble que oui. Caritas Internationalis réalise un travail admirable de coordination des aides dans le monde entier et il est logique qu'elle s'interroge sur son identité dans des contextes internationaux si différents culturellement.

Oubliera-t on le tremblement de terre du Japon comme on a oublié celui d'Haïti ?

Nous faisons notre possible pour qu'il ne soit pas oublié. Derrière chaque calamité, chaque tremblement de terre, il y a des centaines de milliers de drames personnels. J'ai promis aux communautés que nous avons rencontrées que nous ne les abandonnerions pas. Maintenant, elles sont dans nos cœurs.

Quel est le rôle du volontariat dans ce type de catastrophes ?

C'est merveilleux de voir le travail héroïque de nombreux bénévoles car leur dévouement désintéressé pour accompagner dans la douleur ou pourvoir aux besoins est une preuve de l'espérance chrétienne en l'avenir. Pour en promouvoir la formation, « Cor Unum » organisera un congrès à Rome, le 11 novembre, profitant du fait que 2011 est l'année européenne du Volontariat. Nous voulons que Haïti et le Japon soient les premiers endroits à bénéficier de cette initiative.

N'est-ce pas mieux de compter sur un personnel spécialisé ou de laisser davantage d'espace aux organismes d'Etat ?

Ce ne sont pas des aspects incompatibles, mais complémentaires. Le professionnalisme dans la pratique de la charité aide sans doute à faire face aux problèmes matériels avec une plus grande efficacité et à organiser d'une façon adéquate la distribution des aides. Mais nous ne pouvons pas oublier que ces problèmes ont des dimensions personnelles et transcendantes qui nécessitent aussi des soins spirituels : la proposition fortifiante de valeurs incarnées dans des personnes qui donnent leur temps de façon désintéressée.

Par exemple ?

Caritas Japon gère 4 centres d'accueil dans la zone de Sendaï, notamment grâce à la générosité des autres Caritas dans le monde. Dans le centre paroissial d'Ishinomaki habitent 400 personnes qui chaque matin vont à ce qui reste de leurs maisons pour les réparer, si possible, ou pour récupérer petit à petit leurs affaires. Elles reviennent au centre pour manger, dormir et avoir un minimum de vie familiale. S'il n'y avait pas les centaines de jeunes bénévoles présents pour aider les professionnels, il serait impossible d'assister ces personnes matériellement et spirituellement. Ces bénévoles viennent de tout le Japon, chrétiens ou non, beaucoup parmi eux sont étudiants, et ils font des roulements sur 10 jours.

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عن الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان

عضو في الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة UCIP الذي تأسس عام 1927 بهدف جمع كلمة الاعلاميين لخدمة السلام والحقيقة . يضم الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان UCIP – LIBAN مجموعة من الإعلاميين الناشطين في مختلف الوسائل الإعلامية ومن الباحثين والأساتذة . تأسس عام 1997 بمبادرة من اللجنة الأسقفية لوسائل الإعلام استمرارا للمشاركة في التغطية الإعلامية لزيارة السعيد الذكر البابا القديس يوحنا بولس الثاني الى لبنان في أيار مايو من العام نفسه. "أوسيب لبنان" يعمل رسميا تحت اشراف مجلس البطاركة والأساقفة الكاثوليك في لبنان بموجب وثيقة تحمل الرقم 606 على 2000. وبموجب علم وخبر من الدولة اللبنانية رقم 122/ أد، تاريخ 12/4/2006. شعاره :" تعرفون الحق والحق يحرركم " (يوحنا 8:38 ).