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L’église Notre-Dame de Qannoubine, fleuron de la Vallée sainte

Le mois de mai a toujours été, dans les pays où fleurit le christianisme, celui des pèlerinages aux sanctuaires de la Vierge. Incrustée comme un bijou au fond de la Vallée sainte, l’église Notre-Dame de Qannoubine mérite le détour

et reflète tout un pan de l’histoire de l’Église maronite.

Les peintures murales de l’église Notre-Dame de Qannoubine(1), fleuron de la Vallée sainte, s’écartent des canons de l’iconographie byzantine et puisent largement dans les traditions occidentales. Il ne faut pas s’en étonner. Par l’intermédiaire des croisés, la liturgie et l’art religieux maronites ont été fortement influencés par l’Église latine.
Comme dans toutes les résidences patriarcales, l’église de Qannoubine est dédiée à la Vierge. La scène principale y représente le couronnement de Marie(2), reine de l’univers visible et invisible. Le cosmos est représenté par le soleil, la lune et le ciel étoilé, et le monde invisible par les chérubins qui volent de part et d’autre.

On y remarque deux cercles. Traditionnellement, le cercle est le symbole de la divinité car il n’a ni commencement ni fin. À la Terre est normalement associé le chiffre 4 (les 4 points cardinaux), et donc le rectangle ou le carré. Dans le cas de la Vierge de Qannoubine, le cercle du bas est particulier. Il est constitué d’un arc-en-ciel. Or dans la Bible, l’arc-en-ciel apparaît après le déluge. Dieu promet de ne plus jamais détruire sa création par le déluge et pose l’arc-en-ciel comme signe et sceau de cette alliance (Gn 9 : 12-17). Ainsi donc, la Terre – et particulièrement le Liban symbolisé par le cèdre – est l’objet de la protection divine.
Une prière de la liturgie latine dit : « Fais que nous ayons part à la divinité de celui qui a pris notre humanité. » Marie, montée au Ciel, participe dès maintenant à la divinité de son Fils. C’est pourquoi elle est à l’intersection des deux cercles, celui de la Terre et celui de la divinité.
Essayons d’isoler, en pensée, le personnage de la Vierge en oubliant tout le reste de la scène. Observons son attitude toute d’humilité et d’obéissance. Nous imaginons alors, face à elle, l’ange Gabriel, et nous croyons l’entendre lui répondre : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. » Du jour de l’Annonciation jusqu’à son couronnement au Ciel, sa vie n’a été qu’un seul et long « fiat » !
Le Père et le Fils tiennent la couronne qu’ils posent sur la tête de la Vierge. La représentation de Dieu le Père par un vieillard barbu est typiquement occidentale. Du Saint-Esprit, représenté par une colombe, émanent des rayons lumineux qui éclairent toute la scène. En dessous de la colombe figure une phrase écrite en alphabet syriaque. Elle est tirée du Cantique des Cantiques : « Viens du Liban, ma fiancée » (Ct 4 :8). L’auteur a ajouté : « Et tu seras couronnée. » Ainsi, le Saint-Esprit appelle Marie, son épouse, à venir du Liban. Par ailleurs, le trône de la Vierge est représenté par la montagne des cèdres (reconnaissables aux fruits dirigés vers le haut), c’est-à-dire le Liban !

Le couronnement de la Vierge
L’Assomption de la Vierge (sa montée au Ciel avec son corps) a toujours été vénérée, en Orient comme en Occident, même si elle n’était un dogme que pour l’Église catholique, et ce seulement depuis 1950.
Cependant, en Orient, on ne représente que la mort de Marie, appelée Dormition. Traditionnellement, la Vierge, entourée des apôtres, est couchée sur un tombeau (qui ressemble, en fait, le plus souvent à un lit). Éventuellement, des détails suggèrent une cérémonie funèbre : cierges, encensoirs… Surtout, derrière le tombeau, se tient le Christ venu emporter au Ciel l’âme de sa mère, représentée par un enfant emmailloté qu’il tient dans ses mains.
En Occident, par contre, on représente souvent l’Assomption de Marie, sa montée au ciel et, éventuellement, son couronnement. La scène peut ne comporter qu’un seul registre : Marie montant au ciel, souvent portée par les anges. Mais parfois, sur Terre, des personnages divers – parmi lesquels se trouve généralement le commanditaire de l’œuvre – entourent un tombeau vide (parfois, des roses ont pris la place du corps de la Vierge).
Ici, les patriarches ayant vécu à Qannoubine(3), revêtus de leurs habits pontificaux, rassemblés autour d’un autel, célèbrent le triomphe de la Vierge. En arrière-plan, un crucifix est entouré de deux vases de fleurs et quatre bougeoirs allumés. Sur le panneau du fond de l’autel est peint un agneau(4) couché, rappelant que Marie est « la brebis immaculée » mère de l’Agneau(5).

L’abside centrale
La scène représentée au-dessus de l’autel principal superpose deux thèmes.
Le premier est tiré de l’Apocalypse de saint Jean. Conformément à sa vision, nous voyons un trône entouré d’un arc-en-ciel où de part et d’autre sont représentés les « Quatre Vivants » – dont la tradition, depuis saint Irénée, fera le symbole des quatre évangélistes(6). L’aigle et le taureau sont bien visibles à droite, l’homme et le lion sont abîmés, mais se devinent…
« L’Agneau immolé » repose sur un autel aux pieds du trône.
Le personnage assis sur le trône n’est pas le Dieu impossible à représenter (st Jean se contente de dire : « Quelqu’un »), mais le Christ en majesté. Il est revêtu d’un manteau royal et porte sur la tête – témoignage de l’influence occidentale – la tiare pontificale à la triple couronne(7). De la main droite, il bénit ; de la gauche, il tient le livre aux sept sceaux.
Enfin, « une multitude d’anges (sont) rassemblés autour du trône » (Ap. 5 : 11)
Seuls manquent les vingt-quatre Vieillards que, bien sûr, l’espace restreint ne permettait pas de représenter.

La Deisis
Le second thème est celui de la Deisis. Il s’agit d’une composition fréquente en Orient. Le Christ, généralement debout et vêtu de façon ordinaire, tient dans la main un livre ouvert, celui du jugement. À sa droite et à sa gauche, se tiennent respectivement la Vierge Marie et saint Jean-Baptiste qui implorent sa miséricorde (d’où le nom, « deisis » signifiant « imploration » ) pour les pécheurs. Le précurseur est ici remplacé par saint Étienne, patron du patriarche Stéphane Doueyhi. Le saint est revêtu des habits liturgiques latins de diacre (chasuble et étole en sautoir). Il tient dans la main droite la palme du martyre.
Sous les deux personnages sont écrites en latin et en karchouni les invocations : « Ste Marie/St Étienne, priez pour nous. »
Ces deux peintures ne peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre car elles se complètent. Tout d’abord, le Triomphe de Marie : par son humilité et son obéissance, « la brebis immaculée » est devenue la mère de l’Agneau sauveur et a mérité d’être couronnée reine du Ciel et de la Terre. Il y a ensuite le Triomphe du Christ : l’Agneau de Dieu, parce qu’il a été immolé, est digne de siéger sur le trône de son Père en Pantocrator et d’ouvrir le Livre scellé.
À tous ses fidèles qui, pendant les quatre siècles de présence patriarcale à Qannoubine, ont, comme leur pasteur, été sans cesse en butte aux souffrances et persécutions, le vénérable Stéphane Doueyhi redit le message de réconfort que saint Jean, dans l’Apocalypse, adressait déjà à ses frères persécutés : « N’ayez pas peur! À la fin, c’est le Christ qui triomphera, et vous qui avez souffert, vous triompherez avec lui. »

Les autels latéraux et la nef
Là, saint Joseph est représenté en artisan, ce qui est rare en Orient. En général, il tient en main une fleur de lys, symbole de chasteté. Ici, c’est une scie, mais il ne la tient pas d’une main ferme comme un outil, mais du bout des doigts, exactement comme la tige de lys traditionnelle. D’ailleurs, une tige portant des fleurs de lys apparaît bien derrière la scie. On a l’impression que celle-ci a été ajoutée.
À droite, le prophète Daniel jeté dans la fosse aux lions (encore une allusion aux persécutions) et secouru par un ange dont on voit la main.
Du côté de la nef, les faux piliers latéraux sont décorés de peintures inachevées. Seuls les contours en sont tracés. Les deux premiers portent sur une face des motifs géométriques (on peut voir encore la trace des compas), et sur une autre face des personnages porteurs de fruits. Sur celui de gauche, on peut remarquer une fleur de lys, signe d’influence occidentale. Sur les deux suivants sont représentés des anges.
Les arcades, les murs et la voûte portent des éléments décoratifs divers : rosaces, fleurs, entrelacs…
Vers le fond, une dalle sombre marque l’endroit où a été trouvé, lors des travaux de restauration, le corps d’un patriarche non identifié, inhumé dans ses habits sacerdotaux.
Le côté droit était percé de fenêtres. Dans l’embrasure des deux premières se trouvaient autrefois deux cloches. Une subsiste. Lors de la construction du logis du patriarche, certaines de ces fenêtres ont dû être murées, mais deux ont été conservées pour permettre à celui-ci d’avoir une vue sur l’église et la Vierge couronnée.
Près de la porte du fond, un bénitier est surmonté de deux paons, malheureusement très abîmés.
Sous l’église, se trouve une crypte servant de cachette pour le patriarche en cas de poursuite par les autorités (mameloukes d’abord puis ottomanes). On y accède par une trappe située de l’autre côté du mur du fond de l’église, près de la porte.

(1) Que l’on appelle souvent, à tort, « fresques ». En effet, une fresque est exécutée sur un enduit frais. Ainsi, les pigments y pénètrent, et la peinture et l’enduit travaillent ensemble à l’humidité et à la sécheresse, ce qui n’est malheureusement pas le cas ici. L’eau suintant de la voûte rocheuse s’est accumulée en bas et a décollé la peinture.
(2) Et non la « Dormition » comme il est écrit dans de nombreux guides (cf plus loin).
(3) Le visage du patriarche Doueyhi bien conservé est parfaitement reconnaissable. Curieusement, alors que la liste ininterrompue des patriarches, depuis Youhanna al-Jaji jusqu’à Stéphane Doueyhi inclus, comprend quatorze noms, sont ici représentés quinze patriarches. Certains portent des numéros en caractères syriaques.
(4) … ou peut-être une brebis ?
(5) « Ô Sainte Mère de Dieu, brebis immaculée, qui avez enfanté votre agneau, le Christ, Verbe incarné en vous » (St Épiphane).
« C’est Lui l’Agneau muet, l’Agneau immolé. Il est né de Marie, la brebis sans tache » (St Méliton, évêque de Sardes).
Les termes soulignés désignent des éléments représentés sur la peinture.
(6) Le lion représente Marc, l’homme Matthieu, le bœuf Luc et l’aigle Jean.
(7) Symbole des trois pouvoirs spirituel, temporel et juridique. Depuis Paul VI, les papes ont cessé de la porter.

 
L'orient le jour

عن الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان

عضو في الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة UCIP الذي تأسس عام 1927 بهدف جمع كلمة الاعلاميين لخدمة السلام والحقيقة . يضم الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان UCIP – LIBAN مجموعة من الإعلاميين الناشطين في مختلف الوسائل الإعلامية ومن الباحثين والأساتذة . تأسس عام 1997 بمبادرة من اللجنة الأسقفية لوسائل الإعلام استمرارا للمشاركة في التغطية الإعلامية لزيارة السعيد الذكر البابا القديس يوحنا بولس الثاني الى لبنان في أيار مايو من العام نفسه. "أوسيب لبنان" يعمل رسميا تحت اشراف مجلس البطاركة والأساقفة الكاثوليك في لبنان بموجب وثيقة تحمل الرقم 606 على 2000. وبموجب علم وخبر من الدولة اللبنانية رقم 122/ أد، تاريخ 12/4/2006. شعاره :" تعرفون الحق والحق يحرركم " (يوحنا 8:38 ).