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Liban: La statue de Samir Kassir : « Un prophète, porteur de rêves et d’idées »

Sans qu’on ne s’en rende vraiment compte, Beyrouth s’est transformée, ces dernières années, en un parcours ponctué de statues de martyrs. Trois sculptures, plus précisément – si on se limite au seul périmètre de la capitale –, rappellent le sang versé au tribut d’une certaine idée du Liban.

En premier, le véritable, l’historique monument aux martyrs qui a repris sa place au cœur de la ville, quelques mois avant la révolution du Cèdre. Puis, deux autres « hommages en bronze » à deux des plus célèbres figures de la triste liste des martyrs de la deuxième indépendance : Rafic Hariri dont l’effigie trône depuis quelques mois en bord de mer à Aïn-el-Mreisseh, sur les lieux même de l’attentat qui lui a coûté la vie, et celle de Samir Kassir, installée, il y a près de deux ans dans un petit square qui porte son nom, à l’ombre du journal an-Nahar dont il était l’une des plus éminentes plumes.
Trois statues dédiées aux martyrs de l’indépendance dans un périmètre si restreint, le symbolisme est éloquent ! Après un premier « bref historique et micro-trottoir » consacré au monument aux Martyrs (paru dans cette même page dans l’édition du 4 juillet 2008), le second éclairage se porte – quelques pas plus loin – sur la sculpture de Samir Kassir.
Commandée au sculpteur français Louis Derbré par Gisèle Khoury, l’épouse de Samir Kassir, après son assassinat en 2005, la statue du grand journaliste a été inaugurée le 2 juin 2006 en plein centre de Beyrouth.
Au cœur de cette ville dont il a écrit l’histoire en lettres d’encre (dans son fameux ouvrage d’essayiste et d’historien L’Histoire de Beyrouth) et de… sang. Et, à deux pas de l’immeuble du Nahar, la tribune de prédilection de cet éditorialiste dont la plume brillante, aiguisée et dénonciatrice faisait trembler les régimes totalitaires de la région.
Trônant au centre de la place – qui porte désormais son nom – placée à l’ombre d’un arbre séculaire, et bercée par le bruit de l’eau du bassin qui s’écoule inlassablement à ses pieds, l’effigie en bronze de Samir Kassir, en position assise, une jambe repliée sur l’autre – reproduisant au plus près une posture coutumière au journaliste disparu – semble observer avec (son) ironie (habituelle) l’agitation des passants autour de lui.
Ces derniers, interrogés sur ce que leur inspire cette sculpture, ont des avis assez contradictoires. Hyam, étudiante en sciences politiques, est, dit-elle « submergée d’émotion » chaque fois qu’elle passe devant la statue « du plus grand journaliste du monde arabe. À chaque fois, je regarde longtemps son effigie de bronze en imaginant ses commentaires sur la situation ». Pour Tarek et sa copine Rima, la vingtaine, « le site a quelque chose de sacré. D’ailleurs, quand nous voulons discuter de choses sérieuses, nous venons souvent ici. C’est comme si l’esprit de Samir Kassir nous enveloppait de son intelligence », affirme la jeune fille. Tanios, la soixantaine, avoue ne pas avoir reconnu le personnage, bien que son travail l’ait souvent amené dans les parages, mais trouve la sculpture belle et le lieu « romantique ».
Nada, la quarantaine, qui dit fréquenter assidûment la librairie à côté, affirme aimer venir feuilleter les livres nouvellement acquis à l’ombre du grand disparu. « Mais je ne comprends pas pourquoi il a fallu faire appel à un sculpteur français pour immortaliser un de nos héros nationaux. Nous avons des artistes libanais aussi compétents, sinon plus… »
Hady, 34 ans : « Il est clair que c’est un hommage à Samir Kassir, même si, à mon avis, cette œuvre ne lui rend pas justice esthétiquement. Il y a quelque chose d’inabouti, pour ne pas dire de raté, dans les proportions de cette statue. »

Une disproportion
intentionnelle
En fait, c’est intentionnellement que le buste est plus développé que les jambes et la tête plus imposante, apprend-t-on des proches de Samir Kassir.
Car le sculpteur français contacté par Gisèle Khoury (avec l’enthousiaste approbation de Nasser Chammaa, Saad Hariri et Abdel Menhem Ariss, Solidere ayant pris en charge tous les frais) pour ériger la statue au centre d’une place portant le nom de Samir Kassir, s’est imprégné des photos, des vidéos, du parcours et des idées du journaliste (il est venu plusieurs fois au Liban et a rencontré la famille de Kassir) pour créer une œuvre qui s’attache plus à représenter les idées, les attitudes et l’esprit de Samir Kassir que ses traits exacts.
Il ne s’agit pas d’une statue classique et figurative. C’est l’image « d’un prophète, porteur de rêve et d’idées » qu’a voulu donner Louis Derbré à travers cette statue, façonnée dans le plâtre, puis coulée dans le bronze, qui a exigé 10 mois de travail, dans son atelier parisien, où conseillé par Gisèle Khoury et Fadi Saad, l’ami d’enfance de Samir Kassir, le sculpteur a travaillé à « donner une âme à l’effigie de ce grand homme. Je voulais que tous les sentiments qu’il a pu vivre soient visibles ».
Le résultat est-il à la hauteur de cette ambition ? Les avis divergent fortement. Quoi qu’il en soit, il reste que c’est là la seule statue dans le monde arabe qui n’est pas figurative, et qui ne représente pas le portrait exact de la personne.
Afin que Samir Kassir reste un symbole de liberté, d’indépendance et d’affranchissement des idées, même de tout tracé limitatif… Pour que de son effigie en bronze émane toujours l’Espérance.

Zéna ZALZAL- L'Orient Le Jour 20.08.2008

عن الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان

عضو في الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة UCIP الذي تأسس عام 1927 بهدف جمع كلمة الاعلاميين لخدمة السلام والحقيقة . يضم الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان UCIP – LIBAN مجموعة من الإعلاميين الناشطين في مختلف الوسائل الإعلامية ومن الباحثين والأساتذة . تأسس عام 1997 بمبادرة من اللجنة الأسقفية لوسائل الإعلام استمرارا للمشاركة في التغطية الإعلامية لزيارة السعيد الذكر البابا القديس يوحنا بولس الثاني الى لبنان في أيار مايو من العام نفسه. "أوسيب لبنان" يعمل رسميا تحت اشراف مجلس البطاركة والأساقفة الكاثوليك في لبنان بموجب وثيقة تحمل الرقم 606 على 2000. وبموجب علم وخبر من الدولة اللبنانية رقم 122/ أد، تاريخ 12/4/2006. شعاره :" تعرفون الحق والحق يحرركم " (يوحنا 8:38 ).