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Liban: Randa Chahal, le clap de la fin

Un cerf-volant est une structure en papier coloré qui vole dans le ciel, actionnée par le vent. Le cerf-volant de la cinéaste libanaise Randa Chahal Sabbag est ce fragile symbole de liberté et d’indépendance qui s’est un jour moqué des frontières et des barbelés.

Tout comme elle, il est libre et « souverain ». Cependant si fragile. Le 25/8/2008, vaincue par la maladie et non par les vents, Randa Chahal s’est éteinte à Paris, mais c’est à Tripoli, sa ville natale, qu’elle sera inhumée à la fin de la semaine.
Randa Chahal a marqué le cinéma libanais par son courage, sa témérité, son réalisme teinté de poésie et son souci de perfection. Née au Liban d’un père musulman sunnite, notable et libéral, et d’une mère chrétienne, irakienne et communiste, Chahal étudie le cinéma en France, à l’Université de Vincennes, puis à l’École nationale supérieure Louis-Lumière.
C’est en 1979 qu’elle réalise son premier documentaire, Pas à pas , consacré à l’implication des pays voisins dans la guerre civile au Liban. Très concernée par l’histoire de son pays, la cinéaste enchaîne l’année suivante avec un autre documentaire baptisé Liban d’autrefois.
Mais le vrai tournant de sa carrière a lieu en 1991, avec son premier long métrage de fiction, Écrans de sable qui raconte l’amitié passionnelle entre deux femmes. Ce film fera partie de la sélection officielle de « La Mostra » en 1991 (hors compétition).
En 1995, après vingt ans de guerre vécues au Liban , la cinéaste réalise un nouveau documentaire Nos guerres imprudentes où elle mêle images de Beyrouth dévastée et témoignage des siens Quelques années plus tard, c’est sur le même thème qu’elle abordera sur un ton beaucoup plus léger, dans Civilisées, l’histoire des domestiques abandonnés dans un Beyrouth déchiré. Ce film a obtenu le prix de l’Unesco dans le cadre de La Mostra, ex aequo avec le cinéaste israélien Amos Gitaï, mais Chahal refuse immédiatement le trophée. « Une position prise, non contre la personne ou le contenu du film, mais contre Israël qui occupe une partie de notre terre », dira-t-elle plus tard. Comble de l’absurde, Civilisées sera censuré de moitié dans son propre pays par la Sûreté générale parce que le scénario contient des propos orduriers et injurieux. « La censure pratique la politique de l’autruche », avouera Randa Chahal.
Infatigable, la cinéaste réalisera en 2001 un film sur la Jeanne d’Arc libanaise, Souha Béchara (encore un signe de son militantisme), alors que 2003 signe la date de la consécration.
Son Cerf-volant, film qui propose une réflexion sur la frontière, reçoit le Lion d’argent à la Mostra de Venise. Elle est alors décorée au Liban de l’ordre du Cèdre avec grade de Chevalier pour son travail de cinéaste. Une sorte de réhabilitation de la part du gouvernement avec un léger goût de revanche.
« Je voulais faire des comédies, a expliqué un jour Randa Chahal, mais je suis née dans une région tragique. Pourtant, si on ne dit pas les choses dramatiques avec un peu d’humour, ça ne passera pas. »
La dérision, c’est cette arme magnifique que la cinéaste libanaise a portée à bout de bras tout au long de sa vie pour exprimer les choses les plus douloureuses…

Colette KHALAF – L'Orient Le Jour 27.08.2008

عن الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان

عضو في الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة UCIP الذي تأسس عام 1927 بهدف جمع كلمة الاعلاميين لخدمة السلام والحقيقة . يضم الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان UCIP – LIBAN مجموعة من الإعلاميين الناشطين في مختلف الوسائل الإعلامية ومن الباحثين والأساتذة . تأسس عام 1997 بمبادرة من اللجنة الأسقفية لوسائل الإعلام استمرارا للمشاركة في التغطية الإعلامية لزيارة السعيد الذكر البابا القديس يوحنا بولس الثاني الى لبنان في أيار مايو من العام نفسه. "أوسيب لبنان" يعمل رسميا تحت اشراف مجلس البطاركة والأساقفة الكاثوليك في لبنان بموجب وثيقة تحمل الرقم 606 على 2000. وبموجب علم وخبر من الدولة اللبنانية رقم 122/ أد، تاريخ 12/4/2006. شعاره :" تعرفون الحق والحق يحرركم " (يوحنا 8:38 ).