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Liban : Un groupe de jeunes décidé à sauver la mémoire de Beyrouth

« Sauvez le patrimoine de Beyrouth » (Save Beirut Heritage). Ce groupe au titre très évocateur a déjà rassemblé plus de 3 000 membres sur Facebook. Son secret : l'activité inlassable et la passion de ses fondateurs.

«Je me pose toujours une question qui me paraît fondamentale: pourquoi les investisseurs choisissent-ils de démolir en priorité les bâtiments importants d'un point de vue patrimonial, alors que d'autres, plus récents et moins beaux, sont gardés intacts? Pourquoi, sinon pour effacer la mémoire de la ville?» Ces propos sont formulés par Naji, 22 ans, diplômé en architecture d'intérieur. Avec Alexandre, première année de droit, et d'autres membres fidèles, le fondateur du groupe sur Facebook organise, depuis un mois environ, des activités pour dénoncer l'accélération de la démolition des vieux bâtiments à Achrafieh et dans d'autres quartiers de Beyrouth. Leur dernière activité en date: un sit-in devant un bâtiment d'une grande beauté promis à la démolition et que rien ne sauve jusqu'à présent sinon l'obstination du propriétaire d'un pub qui refuse de vider les lieux de peur que la bâtisse ne disparaisse.
«Effacer les traces du patrimoine équivaut à changer l'identité de la ville, poursuit Naji. Déjà, à Gemmayzé, l'esprit de la rue commence à changer.» Alexandre renchérit: «Nous comprenons que les propriétaires soient confrontés à des difficultés financières et que les investisseurs soient intéressés par l'acquisition de ces terrains, mais pourquoi aller tout de suite vers la vente, la démolition et la construction de tours si peu en harmonie avec l'esprit même du quartier? D'ailleurs, suivant quelle logique conçoit-on des tours immenses dans de si petites ruelles? Il n'y a aucun plan en vue."
Pour Naji, la souffrance personnelle ne date pas d'hier. Ce très jeune homme dégage une nostalgie contagieuse. «Je suis né et j'ai longtemps habité à Gemmayzé, raconte-t-il. Le jardin de la demeure d'à côté faisait partie de nos vies. Et un jour, il a disparu, et la bâtisse aussi. Je ressens beaucoup d'amertume à la vue de ces bâtiments qui tombent. Cela faisait deux ans que je ne dormais quasiment plus et que la colère ne me quittait pas. Aujourd'hui, je vais un peu mieux, peut-être parce que j'ai initié une action.»

Trouver une fonction nouvelle à ces maisons
Mais tout n'est pas que nostalgie chez ces jeunes. Ils réfléchissent aujourd'hui à de véritables solutions à proposer et sont désormais affiliés à l'Apsad qui, disent-ils, a adopté leurs actions. «Il faut surtout trouver une nouvelle fonction à ces anciennes maisons qui permette à leurs propriétaires de les garder et éloigne les visées d'investisseurs peu soucieux du patrimoine, souligne Naji. Si ces maisons continuent à vivre, elles seront sauvées. L'une des solutions est de les louer en tant que "maisons de communautés", à des personnes ayant un projet: artistes, designers…»
Alexandre insiste une nouvelle fois sur la nécessité de l'existence d'un plan de développement urbain. «Il faut mettre un terme au chaos dans la construction, dit-il. Même les nouveaux bâtiments doivent être en harmonie avec le caractère du quartier. Beyrouth est déjà saturé comme cela, et les étrangers nous font souvent remarquer combien la ville est devenue laide.»
Naji souligne qu'il y a beaucoup de solutions entre l'argent facile et immédiat et la préservation pure et dure du patrimoine bâti. «Il ne faut pas penser que la société y gagne quoi que ce soit, affirme-t-il. Les anciennes demeures gagnent en valeur avec le temps, contrairement aux nouvelles tours qui en perdront. Même les propriétaires qui vendent leurs domiciles actuellement ne se rendent pas compte que cela ne leur apporte pas suffisamment de bénéfices pour acheter ailleurs, ils sont donc souvent lésés. Leurs voisins le sont aussi, par la perte de caractère de leur rue.»
Concrètement, quelles sont les actions prévues par le groupe qui couvrent autant Achrafieh que d'autres quartiers, comme Zokak el-Blat ou Hamra? Naji et Alexandre parlent de sensibilisation du public par les sit-in, les affiches, les contacts avec les médias, la collaboration avec l'Apsad ou encore l'Association de développement de Gemmayzé (ADG), qui met à leur disposition une maison pour abriter leurs activités, et enfin la perspective d'une réunion d'architectes pour trouver des solutions alternatives. Les jeunes fourmillent d'idées et parlent de rentrer en contact, autant que possible, avec des investisseurs plus sensibles à l'importance du patrimoine.

Le pratique face au lucratif
Ce qui frappe chez ces jeunes militants, c'est leur passion pour les vieilles pierres que tant de leurs aînés n'hésitent pas à abattre. Et leur révolte est bien palpable. «Pourquoi le classement de tant de maisons est-il en train de passer de A à C, ce qui les rend instantanément candidats à la démolition?», se demande Naji. «Si ça continue, la ville sera vidée de ses habitants qui ne pourront plus y habiter et se transformera peu à peu en ville fantôme, sans âme, poursuit Alexandre. Notre but n'est pas de céder à la nostalgie et de vivre comme il y a quarante ans, mais de pousser les gens à repenser leur ville et à adopter un plan de zoning viable. Dans tous les pays du monde, il y a des quartiers préservés.»
Et quel est leur plan pour répondre, avec le peu de moyens dont ils disposent, aux formidables pressions qui leur font face? Les deux jeunes hommes parlent beaucoup de persuasion, de sensibilisation et, surtout, de solutions alternatives. Ils rappellent qu'il existe un projet de loi pour la protection des vieilles demeures préparé par l'Apsad, mais qu'il n'a toujours pas été adopté.
Ils ne se font toutefois pas beaucoup d'illusions. «Le public reste très passif et très divisé sur des considérations purement politiques, déplore Naji. Il devrait s'unir autour d'une cause qui est commune à tous.» Les membres du groupe essaient également de mobiliser les hommes politiques, avec des taux de succès variables, mais insistent sur le caractère apolitique de leur groupe qui se place, selon eux, à égale distance de tous.
L`orient le jour

عن الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان

عضو في الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة UCIP الذي تأسس عام 1927 بهدف جمع كلمة الاعلاميين لخدمة السلام والحقيقة . يضم الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان UCIP – LIBAN مجموعة من الإعلاميين الناشطين في مختلف الوسائل الإعلامية ومن الباحثين والأساتذة . تأسس عام 1997 بمبادرة من اللجنة الأسقفية لوسائل الإعلام استمرارا للمشاركة في التغطية الإعلامية لزيارة السعيد الذكر البابا القديس يوحنا بولس الثاني الى لبنان في أيار مايو من العام نفسه. "أوسيب لبنان" يعمل رسميا تحت اشراف مجلس البطاركة والأساقفة الكاثوليك في لبنان بموجب وثيقة تحمل الرقم 606 على 2000. وبموجب علم وخبر من الدولة اللبنانية رقم 122/ أد، تاريخ 12/4/2006. شعاره :" تعرفون الحق والحق يحرركم " (يوحنا 8:38 ).