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Un journalisme de paix pour encourager la réconciliation après les conflits

Les journalistes peuvent jeter de l’huile sur le feu et contribuer à la propagande durant les périodes de conflit, mais ils peuvent aussi jouer un rôle pacificateur dans les guerres civiles, le reporter n’étant autre que le miroir de sa propre société.

Un journalisme pour la paix dans des pays ayant vécu de longues années de guerre : tel est l’un des thèmes sur lesquels travaille la Fondation AFP.

SARAJEVO –de Patricia KHODER

Huit journalistes libanais appartenant à toutes les communautés du pays ont assisté à une conférence ayant pour thème « Les médias en temps de guerre et de paix : peut-on mieux faire ? » qui s’est tenue à Sarajevo à l’occasion de la vingtième commémoration du siège de la ville.

L’événement a été organisé par la Fondation AFP et le Conseil de l’Europe, et a rassemblé des journalistes bosniaques, croates et serbes, de la Bosnie-Herzégovine, ayant couvert la guerre dans leur pays, des représentants d’ONG travaillant dans le domaine des médias et œuvrant pour une meilleure couverture des informations dans la région, ainsi que de jeunes étudiants en journalisme et communication venus de diverses universités et appartenant aux trois communautés de ce pays balkanique.
Les défis que doivent relever les médias bosniaques ne sont pas loin de ceux des médias libanais.
Dans un entretien avec L’Orient-Le Jour, Mary-Ann Hennessy, responsable du bureau du Conseil de l’Europe à Sarajevo, a souligné l’importance d’encourager « les journalistes à travailler pour un journalisme de paix ».
« Les pays membres du Conseil de l’Europe œuvrent dans un cadre destiné à favoriser la paix. Dans des États comme la Bosnie-Herzégovine, Chypre et la Géorgie, la réconciliation devrait être impérative pour toutes les personnes ayant une fonction publique », a-t-elle dit.
Se penchant sur le cas de la Bosnie-Herzégovine, elle a noté que « les médias dans ce pays ont été en partie responsables des atrocités inhumaines qui ont lieu durant la guerre ; les viols massifs et les camps de concentration ont été rendus possibles par la déshumanisation de l’autre, une idée véhiculée notamment par les médias ». « Les médias croates, serbes et bosniaques ont attisé la haine durant le conflit, mais aujourd’hui, ils doivent contribuer à construire un avenir commun pour les habitants de ce pays. Ce qui n’est pas actuellement le cas. Les jeunes journalistes devraient promouvoir une culture de la paix », a-t-elle poursuivi.
« Quinze ans après la fin de la guerre en Bosnie-
Herzégovine, les médias continuent à perpétuer la haine entre les communautés. Il faut qu’un effort soit fait pour mettre l’accent sur des histoires positives ou des histoires communes », a-t-elle expliqué.

Accuser toujours celui qui est différent de nous
Lajla Dervisagic, consultante auprès de la division générale des droits de l’homme à la section des médias au Conseil de l’Europe, a noté dans un entretien avec L’Orient-Le Jour que « le Conseil de l’Europe s’occupe de la liberté d’expression dans des zones où des problèmes persistent. On intervient surtout dans les nouvelles démocraties, notamment les Balkans, les pays de l’ex-Yougoslavie et de l’ex-Union soviétique ». « Nous mettons en place des normes européennes dans le domaine des médias et nous travaillons pour la mise en œuvre de ces standards », a-t-elle dit, indiquant que « la Bosnie-
Herzégovine bénéficie d’une bonne législation ; elle a été l’un des premiers pays d’Europe à décriminaliser la diffamation par exemple, mais le problème réside dans la mise en œuvre de cette législation ».
« Malgré la fin de la guerre, le discours de la haine reste assez soutenu. Une conférence régionale ayant regroupé la Serbie, la Croatie, le Monténégro, la Bulgarie et la Roumanie sur ce thème avait été organisée à Sarajevo l’année dernière. Le problème de la haine n’est pas propre à la Bosnie-Herzégovine ou à la région. Nous avons voulu savoir si c’est la crise économique qui mène à la création de partis nationalistes ou si c’est le contraire. Nous avons voulu réfléchir sur ce qui a créé la haine et pourquoi l’on pense que c’est toujours l’autre, celui qui est différent de nous, qui est fautif. »
D’autres activités sont menées par le Conseil de l’Europe, notamment en Moldavie, en Géorgie, en Arménie, en Azerbaïdjan, en Ukraine, au Kazakhstan, au Tadjikistan, au Maroc et en Tunisie.
La conférence tenue conjointement avec la Fondation AFP a marqué le lancement d’un programme de deux ans financé par le gouvernement irlandais et visant à promouvoir un journalisme de paix en Bosnie-Herzégovine.

Tisser des liens
Robert Holloway, directeur de la Fondation AFP, a souligné à L’Orient-Le Jour que c’est la première fois que l’institution qu’il représente travaille en Bosnie-Herzégovine et avec le Conseil de l’Europe.
« Pour commémorer le 20e anniversaire du siège de Sarajevo, 400 journalistes se sont retrouvés dans la capitale bosniaque, à l’initiative de Rémy Ourdan, grand reporter au quotidien Le Monde. Quand Peter Cunliffe-Jones, vice-
directeur de la Fondation AFP, m’a informé de l’événement, je me suis dit que c’était l’occasion de faire participer les journalistes libanais qui bénéficient, à Beyrouth, d’une formation conjointe entre le PNUD, l’AFP et CFI. Et aussi, au lieu de commémorer un événement qui a eu lieu il y a 20 ans, on devrait regarder l’état des médias en Bosnie aujourd’hui. C’est ainsi que nous avons eu l’idée de cette conférence. La présence à Sarajevo de journalistes libanais permet de faire des comparaisons entre les deux pays et les deux expériences », a-t-il expliqué.
« Notre projet au Liban est un projet de réconciliation et de paix qui regroupe des journalistes de tous les bords. Ce n’est pas notre initiative au Liban qui résoudra tous les problèmes, mais je pense que le fait de tisser des liens de respect professionnel, de compréhension et d’amitié entre les personnes de différents secteurs peut contribuer à la réconciliation nationale. D’ailleurs, le projet que nous avons au Liban a commencé avec des ateliers destinés aux journalistes, mais plus tard, ces journalistes feront du travail dans les régions avec les citoyens », a-t-il ajouté.
« Avant cela, nous avions tenté une expérience avec la préparation de deux ateliers en 2008 et en 2009, et deux femmes, l’une d’al-Manar et l’autre de la LBCI, ont fini par mener ensemble, lors de la formation, une interview. D’ailleurs, j’ai toujours leur photo sauvegardée dans mon téléphone », a-t-il raconté. Et de souligner : « J’étais énormément fier de cette expérience et pour moi, c’est un exemple de ce que le Liban pourrait être. Lors de notre actuel projet, une équipe de journalistes formée notamment d’un cameraman d’al-Manar et d’une reporter de la MTV a travaillé sur le terrain. »
« Je suis persuadé que les médias ont un impact dans ce cadre car les petites actions peuvent parfois avoir des conséquences très importantes », a-t-il noté.
Si le projet lui tient tellement à cœur, c’est parce que Robert Holloway a habité au Liban au cours des plus sombres années de la guerre pour ne plus y revenir que 26 ans plus tard, après l’instauration de la paix.

 
L'orient le jour

عن الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان

عضو في الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة UCIP الذي تأسس عام 1927 بهدف جمع كلمة الاعلاميين لخدمة السلام والحقيقة . يضم الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان UCIP – LIBAN مجموعة من الإعلاميين الناشطين في مختلف الوسائل الإعلامية ومن الباحثين والأساتذة . تأسس عام 1997 بمبادرة من اللجنة الأسقفية لوسائل الإعلام استمرارا للمشاركة في التغطية الإعلامية لزيارة السعيد الذكر البابا القديس يوحنا بولس الثاني الى لبنان في أيار مايو من العام نفسه. "أوسيب لبنان" يعمل رسميا تحت اشراف مجلس البطاركة والأساقفة الكاثوليك في لبنان بموجب وثيقة تحمل الرقم 606 على 2000. وبموجب علم وخبر من الدولة اللبنانية رقم 122/ أد، تاريخ 12/4/2006. شعاره :" تعرفون الحق والحق يحرركم " (يوحنا 8:38 ).