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Yves Agnès veut redonner à la presse sa rigueur et sa liberté

En marge d’une journée de formation sur la déontologie organisée par l’IFL, l’ancien rédacteur en chef du « Monde » se remémore ses débuts au grand journal parisien du soir, l’histoire d’une discipline professionnelle aujourd’hui contournée.

Vétéran du quotidien Le Monde, dont il a été rédacteur en chef, Yves Agnès est un féru du travail. À 72 ans, il reste fidèle à la rigueur qui avait créé la presse française et assis le principe de sa crédibilité. Fort de ce legs, Yves Agnès veut estomper les bévues biaisées qui souillent aujourd’hui l’activité médiatique, « si déterminante pour la démocratie ».
Président de l’APCP (Association de préfiguration d’un conseil de presse en France), qu’il a cofondée en 2006, il se dévoue pour l’adoption d’un code de déontologie (toujours inexistant en France) et d’une instance nationale qui en assure l’efficacité. Cette méthodologie de l’éthique professionnelle, il l’a partagée à Beyrouth, avec un groupe de journalistes locaux, dans le cadre d’une session de formation sur la déontologie, organisée par l’Institut français du Liban.
« Faits, explications, commentaires : c’est la distinction essentielle dans le journalisme », explique-t-il. Chacun de ces moules implique une approche différente, où s’incorpore, à des degrés variables, l’opinion du journaliste (celle-ci n’ayant pas de place au niveau des faits). Mais l’objectif reste le même, celui de « cerner la vérité, en maintenant une honnêteté intellectuelle », ajoute Yves Agnès.

« Un journaliste ne peut être objectif »
Il apporte des directives concrètes au service de ce but. Il réfute de prime abord la notion d’objectivité. « Un journaliste ne peut être objectif, mais indépendant. » L’honnêteté professionnelle résulte de l’indépendance matérielle et intellectuelle, qui rejaillit dans la rédaction de l’article. « Un journaliste est libre parce qu’il est insoupçonnable. » Autrement dit, son travail ne doit porter aucune trace de quelque parti pris. C’est la base de la crédibilité. « Un journaliste ne doit pas mentir », un principe dont la simplicité recèle toute la force du métier, qu’Agnès décrit comme une vocation. « L’information n’est ni un métier ni un gagne-pain, c’est un combat », affirme-t-il.
Un combat lié à un autre principe, celui de « la primauté du public, dont certains paient de leur vie ». Il s’agit de transmettre l’information que recherche le lecteur. Yves Agnès affirme ne jamais s’être confiné dans les sujets usuels ou traités dans la presse. « J’étais constamment à l’affût de ce qui nourrit la curiosité du public », explique-t-il. Une recherche soutenue et alertée, où « le “je”, haïssable en journalisme, doit s’effacer ».

Humble éclairage…
L’humilité est ainsi à la base d’une déontologie, « dont l’intérêt réside d’abord dans le rapport avec le public ». Théophraste Renaudot, créateur de la première gazette en France en 1631, écrivait déjà que « le rôle du gazetier est d’éclaircir ce qui est obscur » (il est cité dans l’ouvrage Ils ont fait la presse, corédigé par Yves Agnès et Patrick Éveno). Agnès explique la portée de cette citation, qui décrit « la mission d’aider les concitoyens à forger leur opinion et à comprendre la réalité complexe ». Un autre principe conditionne la transmission de cette réalité, celui de l’intérêt général. « Une information est donnée lorsque tout le monde peut bénéficier de sa connaissance ». L’information devient ainsi l’aboutissement d’un travail assidu de « recherche de la vérité ». C’est-à-dire « la vérification des faits, qui en induit l’exactitude », selon Agnès, auteur également du Manuel de journalisme.
Autant de principes généraux qui fondent les règles professionnelles. Reste la motivation propre du journaliste, dont Agnès déplore « la paresse » actuelle. Celle-ci se fait sentir par exemple dans le reportage de manifestations. « Le nombre de manifestants est fourni par les autorités et/ou les organisateurs, rarement par le journaliste, alors qu’il se doit de procéder lui-même au décompte. S’il ne sait pas le faire, il doit l’apprendre. C’est ça le journalisme, du travail, du travail ! » déclare-t-il.

Dans les coulisses du « Monde »…
Dans un aparté avec L’Orient-Le Jour, il remonte à ses débuts au Monde, en 1970. Véritable « défi » pour le jeune homme de 29 ans, diplômé en sciences physiques et mathématiques, qui s’était investi dans un travail à France-Ouest, journal régional fondé par ses amis. « Je me suis battu pour être à la hauteur des exigences de mes aînés au Monde », explique-t-il. Embauché au département de jeunesse et d’éducation, dans un quotidien dont les étudiants et enseignants formaient le tiers du lectorat, Agnès devait remplir deux conditions. « Être meilleur que tous les autres spécialistes du même secteur et en savoir plus que le ministre lui-même. » Un élément évocateur de cette discipline : les circulaires et décrets relatifs à l’éducation remplissaient à l’époque un mètre et demi de rayonnage dans la bibliothèque du département. Ces images sont presque des secrets révélés, des souvenirs de ce qui a valu au Monde son « aura de monastère laïc ».

La médiocrité actuelle
Un cadre qui aura nourri les efforts des novices, d’ailleurs « extrêmement motivés par leurs aînés ». Aujourd’hui, Yves Agnès est « prêt à donner des leçons, des jugements, à l’adresse des journalistes français devenus moins exigeants ». Il ramène cette perte de rigueur au « délitement des valeurs sociales, et donc de repères ». « Le triomphe de l’individualisme a favorisé une attitude qui se contente de la médiocrité et occulte, au niveau du journalisme, le nécessaire travail d’équipe. » Face à cet état des lieux, une formule simple : « Se battre suffisamment, pour que, lorsque l’on fait quelque chose, il soit rigoureux… ».

 
L'orient le jour

عن الاتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان

عضو في الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة UCIP الذي تأسس عام 1927 بهدف جمع كلمة الاعلاميين لخدمة السلام والحقيقة . يضم الإتحاد الكاثوليكي العالمي للصحافة - لبنان UCIP – LIBAN مجموعة من الإعلاميين الناشطين في مختلف الوسائل الإعلامية ومن الباحثين والأساتذة . تأسس عام 1997 بمبادرة من اللجنة الأسقفية لوسائل الإعلام استمرارا للمشاركة في التغطية الإعلامية لزيارة السعيد الذكر البابا القديس يوحنا بولس الثاني الى لبنان في أيار مايو من العام نفسه. "أوسيب لبنان" يعمل رسميا تحت اشراف مجلس البطاركة والأساقفة الكاثوليك في لبنان بموجب وثيقة تحمل الرقم 606 على 2000. وبموجب علم وخبر من الدولة اللبنانية رقم 122/ أد، تاريخ 12/4/2006. شعاره :" تعرفون الحق والحق يحرركم " (يوحنا 8:38 ).